01.
Monsieur L'indien
02.
Emiliano
03.
L'Hymne International Des Clown
04.
Black Spaghetti
05.
Le Cirque
06.
Mama Vagina
07.
Sterilization
08.
Les Grands Silencieux
09.
Down The Drain
*Titres bonus
10.
L'Hotel-Dieu
11.
Les Bottes de St-Tit
PÉLOQUIN/SAUVAGEAU
Laissez-nous vous embrasser où vous avez mal
CD, MGCD004, Mucho Gusto 2004 (original 1972), Digipak
Le classique de 1972 réédité pour la première fois!
Incluant «
Monsieur L’Indien » et «
Mama Vagina »
Lancé en 1972,
LAISSEZ-NOUS VOUS EMBRASSER OÙ VOUS AVEZ MAL est un des disques les plus flyés jamais enregistrés au Québec... Ce qui ne l’a pas empêché de tourner à la radio, grâce au succès de l’hypnotique MONSIEUR L’INDIEN - qui sera reprise bien des années plus tard par le duo techno-alternatif French B.

« NOUS », c’est le tandem
PÉLOQUIN/SAUVAGEAU. CLAUDE PÉLOQUIN, poète provocateur. JEAN SAUVAGEAU, pionnier de la musique éléctronique au Québec.
Ensemble, ils se sont éclatés pendant les délirantes sixties, dans toutes sortes de happenings artistiques. Jusqu’à ce disque éclectique, avant-gardiste, indescriptible, apothéose de leur collaboration.
C’était après les yéyé et avant Beau Dommage. C’était le «grand trou noir de la chanson québécoise». Et cet ovni est arrivé. Avec des tounes capotées qui parlent de révolution (MONSIEUR EMILIANO) d’exploitation (MONSIEUR L’INDIEN) de vasectomie (STERILIZATION), ou tout simplement de pipicacapoil (MAMA VAGINA). Avec ce gars qui rit, qui crie, qui parle en langues, qui décapsule ses bières dans le micro. Avec cette musique éléctronique éclatée, visuelle, complètement originale. Un mur du son qui va de l’ambient au psyché synthétique, de la chorale dopée au western décrissé.
En bonus: L’HOTEL-DIEU et LES BOTTES DE ST-TITE, deux chansons qui n’étaient parues qu’en 45 tours.
PRESSE
ICI Montréal —
22/01/2004
C'était le temps de la poésie qui sortait comme un lapin de la grosse Mol tablette et de la O'Keefe. Les microbrasseries, c'était l'affaire de l'Europe. La rectitude politique, on ne l'entrevoyait même pas. Deux ans après la crise d'Octobre 1970, l'accent québécois devait s'afficher bien gras en guise d'affirmation identitaire. Charlebois s'apprêtait à exporter sa révolution en France avec Conception et les iconoclastes de l'Infonie lançaient leur volume 333. Nationaleuse et granole, la période? Pas si simple que ça! «La seule révolution, c'est le combat contre la mort», lance Claude Péloquin de sa voix démoniaque, vasectomisé et saoul comme une botte sur le bord d'une track imaginaire ou au milieu d'un cirque allégorique, s'offrant aux déshérités de la terre, créant des histoires fortes avec des mots simples et provoquant en rappant l'érotico-scato le plus primaire. L'énergumène dialogue, ou monologue comme au théâtre au son d'une musique électronique ou électro-rock très imagée, hypnotique et parfois cosmique: celle de Jean Sauvageau, ancestral bidouilleur québécois, qui rappelle la trame sonore de dessin animé ou de cinéma.
En 1972, deux fabuleux créateurs hors normes se sont magiquement rencontrés pour créer un espace à la fois surréel et si près de la réalité, un disque qui a préfiguré le spoken word à la Lucien Francoeur, la résistance à, la French B (qui ont repris «Monsieur l'Indien») et même l'actuelle vague électronique. Un classique enfin réédité en CD!
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(YB) > 9,5
Montreal Mirror —
22/01/2004
Mucho Gusto/Fusion 111) Local label Mucho Gusto’s raison d'être is the unearthing of archaic Québécois oddities, those strange concoctions wherein pop meets the expérimental, where the hippiedelic freak flag flaps over sci-fi surreal estate. Seems there was no shortage of such in '60s and '70s Quebec, their latest find being this weird and often wonderful blend of surly joual poetry and trippy, vaguely Krautrock electronics from 1972. Claude Péloquins paroles range from the politically charged ("Monsieur L’Indien" "Emiliano") to the silly and smutty ("Mama Vagina"), tackling English here and there, while Jean Sauvageau’s needling and noodling benefits from the occasion groovy backbeat. Crisse, c'est weird, mais cool quand même.
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8/10 - Rupert Bottenberg
Journal Metro —
22/01/2004
Singulière idée de rééditer ce disque totalement halluciné sorti en 1972.Sur un fond de musique techno/psychédéliques, Claude Péloquin et Jean Sauvageau déclinent des textes étranges, parfois sensibles, comme sur Monsieur l’Indien, et parfois dénués de toute décence, comme sur Mama Vagina ( faire une chanson en disant juste des trucs comme pipi-caca-poil...).Pour se replonger dans une époque éclatée loin des considérations commerciales et du politiquement correct.
Montréal Matin —
1972
Trippant à souhait... Une des choses les plus importantes à avoir été gravées dans la cire en cette pénible année (côté disques)
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Roch Poisson
The Gazette —
1972
Impressive work... This record contributes to the wide open pop culture of Quebec, where anything can happen.
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Juan Rodriguez
Le Devoir —
samedi 5 août 1972
Si les oiseaux gazouillent, c'est parce qu'ils ne peuvent, parler. Claude Peloquin peut, faire les deux à la fois gazouiller et parler. Depuis le temps, il en a battu des sentiers, le poète. Il accepte l'espoir, distribue les blessures, invente un ciel d'où il peut, à loisir répandre son sang sur des crânes silencieux. En un mot, il respire...
Une fois de, plus, il s'empare à coups d’ailes de la parole, frappe et transperce le mur du son de, Sauvageau, transporte l'éternité et, dans un mouvement, il plane, bouche ouverte, inventant un baiser, givrant un cri de prière au supplice de "Laissez-nous vous embrasser où vous avez mal".
Pélo délaisse quelque peu le temps d'une bière "frette",les grands concepts qui composent ses oeuvres: son désir de vivre et sa lutte contre la mort. Il reprend les thèmes qui lassent moins l'auditeur ceux de l'amour et de la liberté. Mais, il n'est pas sorti du bois pour autant. Enfin, pas tout à fait. Il est à l'orée du diaIogue complet, de la communication totale avec l'auditoire, du sens un peu moins cahotique de son rêve astral. Et selon ses, habitudes, il ne recule devant rien, exploitant le côté farfelu de lui-même – une arme terrible entre ses mains.
Et puis, il se moque bien de l’âge atomique, ce Pélo. Pour lui, c'est la bonne vieille dynamite placée au bon endroit pour faire sauter un train... Dans une pièce intitulée"Emiliano se jouant sur une, voie ferrée" et où le dialogue est pour le moins explosif, il en résulte une forte dose de lucidité dans toute la fumée des wagons de bière. Ses pensées rejoignent alors le futur; "La seule, révolution, nous dit-il c'est le combat contre la mort. Ca se fera pas en faisant sauter des trains... On ne sait, plus quoi faire avec la dynamite.
On remarque qu'il se plait à cultiver le possible, l'investissement. En même temps, il condamne, l'exploitation d'une minorité écrasée sous le pied du pouvoir financier. Dans une pièce comme "Monsieur l'Indien", l'exemple est clair. Nul besoin d'une danse de guerre.
Et à travers tout ça, Sauvageau décore les paroles d'une musique inédite, avec synthétizeur s'il-vous-plait. Souvent, on y voit une sorte de terreur et illumination, où se cristallise en un même nuage la naissance et la mort. Les sons demeurent d'une extrême finesse, enrobés d'imagination, inventés en fonction des horizons poétiques de Pélo.
"De quel côté s'en va la track", demanda le poète. Du côté ou le tourbillon de ton cœur t’entrainera vers une vérité qui sera tienne, drapée de la dignité de ton oeuvre vers une liberté que tu nommera justice lui répondit le vent.
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PYER GINGRAS